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Trois musiciens
Ils étaient trois musiciens
dans le verger d’autrefois,
sous le pommier ancien ;
ils jouaient avec leur foi
l’âme slave revenue ;
la chanson nom venait nue
comme une claque sur un chapeau ;
la violoniste était à fleur de peau,
elle écartelait sa voix en lambeaux,
elle riait elle suppliait elle pleurait :
c’était triste mais c’était beau ;
l’accordéoniste aussi déchirait
le cœur des sons dansants du folklore ;
on en voulait encore et encore
et ils se donnaient corps à corps
comme à des milliers de gens en délire ;
le contrebassiste rythmait les airs de son archet
qui glissait doucement, éveillant un ballet
ou, de ses longs doigts, dessinait un sourire ;
on était sujets sous son empire
mais était-on bien dix ?
il faut bien que je le dise.
En tout cas nous étions bien nous deux
pour parcourir ce chemin de feu,
éblouis par la brûlure authentique
de ces trois musiciens chics.

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