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Ce matin, j’ai cueilli cette fleur,
Un bluet angélique et modeste,
Dans les blés où le souvenir reste
De nos pas dont les champs gardent l’heur.
De tes yeux, elle a cette couleur
Bleu d’azur de la voûte céleste ;
Je devrais la fuir comme la peste,
Elle qui réveille ma douleur.
Jamais plus, je n’entendrai ton rire,
Le soleil, hélas ! aura beau luire,
Chaque jour, mon ciel sera d’airain.
Et ce soir, avant que la nuit tombe,
J’irai seul, accablé de chagrin,
La poser, tristement, sur ta tombe.
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