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Voilà-ti pas que le printemps
a débarqué plein d' jolies choses,
des chants d'oiseaux, des parfums d' roses,
des minijup's, tout l' bataclan.
Et j'en connais et j'en connais
des belles qui font des manières,
des qui s' trémoussent du derrière,
des hanch's, du d'vant, des yeux, du nez.
Si j'avais pas les cheveux blancs,
peut- êt'e bien que j' tent'rais ma chance.
Vrai, çà me plairait quand j'y pense:
" Hello ! Toi Jane et moi Tarzan ".
-
Mais voilà, plus le droit. Fini !
Au placard tous les accessoires .
Toi, l' vieux, descends d' ta balançoire!
Tu peux ranger ton bigoudi.
Nous on est jeunes, tu comprends ?..
T'es complèt'ment anachronique.
On s'emmerde ?.. Oui, mais en musique.
Toi ?.. Tu ris trop naturell'ment.
T'es pas normal. Mais ! ?.. C'est bien sûr !
Toi, l' vieux, c'est dedans qu' çà retarde.
Toi, t'es comm' l'homme à la moutarde:
Y-a que le bon côté qu' t' assures.
L'amour, les fleurs, les p' tits oiseaux,
t'en faut pas plus pour êtr' poète,
avoir plein d' machins dans la tête
tombés du ciel comm' des cadeaux.
Tu t' tap's le rap des gens heureux.
Y a plein d' ciné dans tes prunelles.
- T'as d' beaux yeux, tu sais. Et t'es belle.
Qu'ek qu' tu dirais d'un entre-deux ?
-Et voilà ! Voilà qu' çà t' reprends !
T'as encore oublié ton âge !
Gâteux ?.. Non, mais toujours pas sage.
Mais quand c'est-i qu' tu seras grand ?
Dir' qu' t'as près d' quatre-vingt balais !
Soixant'-dix pig's et d' la poussière.
Et t'as toujours l' feu au derrière.
Mais quand c'est-i qu' tu s'ras rangé ?
- Ecout' la jeunett' c' que j' te dis:
aussi vrai que la terre est ronde,
l' printemps; les fill's, c'est pour tout l' monde.
Moi j'crois toujours au Paradis.
Mais c' qui m'a toujours tracassé,
c'est cette histoir' du sex' des anges.
Va, rassur'-toi, si l' tien t' démange,
y-en a d'autr's pour s'en occuper.
Cà ne m'empêch'ra pas d' rêver.
Et quand on rêv' dam ! on espère !
Le Paradis, c'est sur la terre,
qu'il faut d'abord se l' fabriquer.
Rennes Avril 2013
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