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RESUME DES EPISODES PRECEDENTS :
Dans les années 1930, le vieux professeur Abott Clearwater, un anthropologue un peu fou, poursuit d’étranges expériences, reclus dans sa propriété de Dunwich, un village sinistre de la Nouvelle Angleterre. Augustus Roderick Campbell, journaliste d’investigation spécialisé dans l’irrationnel va à la rencontre de Clearwater pour l’interroger sur une série d’évènements mystérieux survenus dans la région. Il ira de surprises en surprises, confronté à d’indicibles abominations….
Episode 7 :
Il était relativement tôt lorsque je quittais l’auberge pour prendre la route d’Augusta Lane où demeurait Abbott. Dehors, un brouillard jaunâtre dû à la réfraction d’un pâle soleil, envahissait le village et donnait un aspect sinistre aux rues de Dunwich. Malgré le jour levé, presque aucun volet n’était ouvert aux fenêtres des habitations, et pour me rendre à la demeure d’Abbott, je devais emprunter Main Street en sens opposé, et la rue était en pente, une pente prononcée, ce qui me donnait l’impression de gravir un interminable Golgotha, sur un chemin aux pavés glissants qui semblait ne pas avoir de contours en raison du brouillard malsain qui m’entourait. Depuis que j’avais franchi la porte de l’auberge, tout était silencieux, comme si le village et la nature même étaient morts. Après dix interminables minutes de marche, j’atteignais l’embranchement d’Augusta Lane, une ruelle mal entretenue. Je m’étais à peine rendu compte que cela faisait plusieurs dizaines de yards qu’il n’y avait plus d’habitations à la ronde. Aussi fus-je surpris de découvrir, à l’angle de la ruelle, une cossue demeure victorienne qui semblait trancher avec la tristesse des lieux.
Soudain, succédant au silence, s’éleva un assourdissant concert de cris d’engoulevents qui me fit sursauter dès les premières notes. Au même instant, un homme à la vêture distinguée, la démarche flegmatique, ouvrit la porte de la grande demeure, ne paraissant nullement surpris de voir un étranger à cette heure matinale dans un lieu pratiquement inhabité, et sembla se diriger résolument vers moi.
« Bonjour ! Vous allez voir le vieux, n’est-ce pas ? Oh, pardonnez-moi, je me présente : Ryan O’Farrel.
Je suis à peu près le seul voisin du professeur. C’est que, petit à petit, les quelques rares habitants d’Augusta Lane sont partis les uns après les autres. Et bien avant que le vieux ne s’installe dans les lieux. Rapport aux racontars qui circulent. Moi, je ne suis pas de Dunwich. Alors les légendes et autres malédictions, ça ne me touche pas en principe. Je suis professeur de littérature anglaise. Enfin, je l’étais. J’ai pris un long congé. Je viens de Philadelphie où j’enseignais au Peirce College. Mais ma famille est originaire d’Irlande, du comté de Cork. Mais venez boire une bonne tasse de café bien chaud. Le vieux attendra bien un peu. D’ailleurs, je vous parlerai de lui. Vous êtes le journaliste de Providence, n’est-ce pas ? Vous savez, ici les nouvelles vont vite". O’Farrel était intarissable. D’un abord éminemment sympathique, il se déversait toutefois en un interminable épanchement logghorique qui ne laissait pas de répit à son interlocuteur. Soudain, le concert des engoulevents reprit de plus belle, encore plus strident, à vous vriller le cerveau.
« Ah, les engoulevents. Ce n’est pas bon du tout » fit remarquer O’Farrel. « Venez, entrez ! » Je m’aperçus soudain, que malgré le froid environnant, il était très rouge. Et l’on devinait le sang battre contre ses tempes.
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