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Poème de la Belle Drapière

le vendredi 07 juin 2013, à 23:46. Posté par René


    J'ai écrit ce "poème chanté", accompagné en principe à la viole -d'amour bien sûr-,
    pour allonger la très belle pièce de théâtre "GRINGOIRE" de Théodore de Banville.
    dont j'avais fait la mise en scène radiophonique: Il manquait quelques minutes pour
    respecter la plage horaire.
    La scène se passe peu après le début de la pièce. Pour avoir manqué de respect
    au roi Louis XI -en réalité avoir chanté La Ballade des Pendus.. de François Villon
    comme chacun le sait- Gringoire est condamné à être pendu lui aussi. Que les âmes
    sensibles se rassurent, son amour pour sa belle (soeur ou belle-soeur de la Nicole
    en question ici) le sauvera. N B Gringoire a vraiment existé.

    Refrain
    Amour est un maistre pervers
    Qui fait grand tort à qui le sert.
    Pourtant ce meschant m'est très doux
    Puisqu'il me fait penser à vous.


    Connaissez-vous la Tourangère
    La plus belle de tous les temps,
    Fraische et plaisante en son printemps,
    Nicole la Belle Drapière ?

    Voulante et vive et gente Dame
    Hautaine aux grands, doulce aux petits,
    Blonde d'allant, tendre au logis,
    L'azur de ses yeux emplit l'âme.

    Vingt goliards convoitent la veuve,
    Riche et très digne en son tourment.
    Mais au roi son esprit plaist tant..
    Et qu'ils la prennent s'ils le peuvent !

    Estez qu'on dise par la ville
    Qu'elle m'inspire en mes chansons.
    Je n'oserai (j'ai mes raisons)
    Oncques prétendre à son idylle.

    (H)ier j'ai croisé Damoisellee
    Telle qu'on en resva jamais,
    Fine autant que l'oisel de mai
    Et son regard m'aliène à elle.

    Lors elle est tant belle et jolie
    Qu'un rire de ses dents de lait
    Me rend comme un enfantelet
    Auprès de Madame Marie.

    Mais il est pauvre le poète
    Et laid comme une déraison.
    S'il lope et rit par dérision,
    C'est pour oster son mal en tête.

    Mal en teste et mal en poitrine :
    Gringoire est fol et sot resveur;
    L'amour est dolent dans son ceur
    Q'un soleil pourtant illumine.

    Beau soleil, chimère on t'appelle.
    Mais tu ne le sauras jamais,
    Ô toi que j'aime et j'aimerai
    Par-delà mon aube nouvelle.







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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
salus le vendredi 07 juin 2013, à 23:54
----
C'est MAGNIFIQUE !
On dirais du Villon !
Le moyen-âge pulse dans ces vers,
et quelle musique !
Mes compliments enthousiastes !
Salus, jaloux et ravi...

Michel (Signes de Vie) le dimanche 09 juin 2013, à 23:03

Comme Salus, je trouve très bon.
Un beau petit voyage aux relents moyenâgeux, l'âme de Villon est présente.
Amitié

http://www.mespoemes.net/signesdevie

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