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J’aime écouter la mer quand la vague et le vent
Unissent leur complainte aux accords du silence,
Quand du haut de la dune, un goéland s’élance
Et va s’évanouir dans le soleil levant.
J’aime sentir la brise et le sel de l’embrun,
Venir, tel un baiser, caresser mon visage
Quand au petit matin je marche sur la plage
Où les fucus meurtris ont peint la grève en brun.
J’aime, au déclin du jour, ouïr le faible bruit
De la vague qui meurt et frémit sur le sable,
Quand va renaître enfin l’instant insaisissable
Où s’installe la paix qui bercera ma nuit.
J’aime par-dessus tout le soir, quand tout s’endort,
Quand les eaux se font d’encre et qu’un phare s’allume,
Jetant ses éclats blancs au travers de la brume
Pour aider les marins à regagner leur port.
Qu’elle gronde en Bretagne, à la Pointe du Raz,
Ou qu’elle chante au nord, le plat pays d’Ostende,
L’important, voyez-vous, pour moi, c’est qu’on l’entende,
Alors, racontez-moi… la mer, Monsieur Ferrat.
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