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Madrigal ( Alfred JARRY )

le dimanche 16 juin 2013, à 19:58. Posté par COLLECTIF (auteur : Alfred JARRY )







Madrigal


Ma fille - ma, car vous êtes à tous,
Donc aucun d'eux ne fut valable maître,
Dormez enfin, et fermons la fenêtre :
La vie est close, et nous sommes chez nous.

C'est un peu haut, le monde s'y termine
Et l'absolu ne se peut plus nier ;
Il est si grand de venir le dernier
Puisque ce jour a lassé Messaline,

Vous voici seule et d'oreilles et d'yeux,
Tomber souvent désapprend de descendre.
Le bruit terrestre est loin, comme la cendre
Gît inconnue à l'encens bleu des dieux.

Tel le clapotis des carpes nourries
A Fontainebleau
A des voix meurtries
De baisers dans l'eau.

Comment s'unit la double destinée ?
Tant que je n'eus point pris votre trottoir
Vous étiez vierge et vous n'étiez point née,
Comme un passé se noie en un miroir.

La boue à peine a baisé la chaussure
De votre pied infinitésimal,
Et c'est d'avoir mordu dans tout le mal
Qui vous a fait une bouche si pure.



Alfred JARRY (1873-1907)



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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
salus le lundi 17 juin 2013, à 19:33
----
De par ma chandelle verte !
Vous êtes, cher collectif,
décidément précieux !
Amitié,
Salus

Collectif le lundi 17 juin 2013, à 22:28
Amitié pour vous également, et pour tous les poètes.
Merci de vos encouragements.

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