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Au bord du lavoir
Ça sentait le printemps, de l’ombre à la lumière,
Quand son corps fut entièrement dévêtu,
Le mien coincé en une fermeture éclair
Tarda à se libérer de prudes vertus.
Elle avait posé ses fesses sur le rebord du lavoir,
L’eau était malicieuse, reflétant son dos,
Et ses courbes, en un vaste miroir,
Ses jambes enserrant mes hanches au plus haut.
Elle avait le visage renversé, les lèvres entrouvertes
Et semblait ailleurs, à l’ébauche d’un murmure,
Moi, sur une barque ivre, à son écume offerte.
Son visage revint à moi, sa bouche en une morsure,
Puis enfin, dressée au plus profond d’elle-même,
Elle semblait sombrer, puis revenait toujours
Sous l’œil vif d’un désir suprême,
Harnachée d’un souffle trop court.
J’avais délié enfin ses chemins secrets,
Menant à l’ivresse, à l’ultime déraison,
Cette mort exquise adoucissant ses traits,
Et qui, pour un instant, vous fait perdre la raison.
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