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Nous l'allons contempler un peu chaque matin,
Qu'elle soit silencieuse ou quelle soit chagrin.
C'est en la respirant que nos corps se reposent,
Et en la regardant que l'esprit a sa pause.
Miroir changeant du ciel et psyché du soleil,
Renouvelée toujours et jamais sa pareille.
Son bleu est outremer, il est parfois gris vert,
Et devient ténébreux lorsqu'elle est en colère.
Fouettée par un grand vent, de sa rage elle écume.
Ses larmes de mousse s'élevant sur la dune,
Ne sont que les sanglots des matelots perdus,
Qui, dans un port lointain, sont encore attendus.
Sont-ce les sirènes par Ulysse entendues,
Qui attirent toujours des marins inconnus,
En quête d'aventures et de liberté,
Vers ses profondes eaux par certains redoutées ?
Ou, telle une amante, sans cesse transformée,
Ses métamorphoses, par l'homme recherchées,
Pour dans ses changements, sembler changer de vie,
Et dans son horizon toucher au paradis.
Pensif en l'observant, le promeneur, songeur,
Entend, curieusement, le rythme de son cœur,
Dans le sourd et dolent battement des ses vagues,
Son être se confie, à l'âme il a le vague.
Sans une ride un jour, soudain le front plissé,
De l'ange ou du démon, elle sait bien jouer.
Vagues éphémères, dans leur éternité,
Rappelant à l'humain sa triste destinée.
Gérard Lorine
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