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La Syrinx
Le son de la Syrinx est doux au soir tranquille.
Faune ! Pour t'écouter la Nymphe des roseaux
A quitté sa retraite, et l'on voit sur les eaux
Comme un cygne glisser sa forme juvénile. [...]
Pierre de BOUCHAUD (1866-1925)
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LA SYRINX
Et genetrix modulorum muaica.
Le son de la Syrinx est doux au soir tranquille.
Faune ! pour t’écouter la Nymphe des roseaux
A quitté sa retraite, et l’on voit sur les eaux
Comme un cygne glisser sa forme juvénile.
Le son timide et doux, tel un rideau léger,
Recouvre l’horizon, remplit les vallons roses.
Le portique du Temple est enlacé de roses.
Sur les coteaux voici le zéphyr voltiger.
Si limpide est le flot que les degrés de marbre
Dont la fraîche blancheur baigne au miroir d’azur,
Prolongent lentement, jusqu’au fond du lac pur,
Leur clair chemin malgré l’ombre épaisse des arbres.
Et tout : la forêt grave, et les champs, et les prés,
Les monts harmonieux que dentelle la neige,
Et le mobile essaim des colombes, cortège
D’Aphrodite aux bras blancs, d’Eros aux yeux dorés,
Tout écoute et s’émeut, tout murmure et tressaille,
O Faune, cependant que la divine voix
De la Syrinx, docile au toucher de tes doigts,
Va creuser dans l’éther de sonores intailles.
Et le jour qui s’éteint est si tiède et si beau,
Qu’éperdu de douceur, pâmé de mélodie,
Il meurt paisiblement, sans regretter la vie,
Puisque ton chant d’amour l’accompagne au tombeau.
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