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La gorge nouée, les yeux pleins de larmes,
Le coeur en lambeaux et l'esprit en fusion,
La douleur, implacable, ronge chaque parcelle.
La nuit s'empare de nous, le froid de notre sein
Effrayé de tout, de rien, muet, sourd et aveugle
Deux parenthèses nous encadrent.
Le temps est suspendu, les pensées floues,
Quatrième dimension, flottement absolu,
Plus rien ne nous atteint, la douleur a fait son oeuvre.
Il est infime, on ne le sent pas,
Insoupçonnable, imperceptible, encore prisonnier
Du carcan d'acier, il veut se libérer.
Doucement il gonfle, prend de la force,
Fissurant le métal, travail d'abeille,
Ouvrier de la vie qui reprend ses droits.
Il est là, jailli, déchire et explose !
Tel un volcan en sommeil, oublié de tous,
Rappelle qu'il existe et crache enfin
Son cri, son trop plein et toutes ses tripes
A la figure du carcan d'acier qui cède,
Libérant le coeur meurtri, qui aspire à la vie.
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