Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Mon jardin

le vendredi 19 juillet 2013, à 10:23. Posté par Pierre


    Mon jardin

    C’est un jardin petit comme un mouchoir de poche,
    Où le vent vient parfois déposer ses sanglots ;
    C’est une île déserte et son espace est clos
    Par un mur qui s’effondre, où le lierre s’accroche.

    Il est un peu sauvage et rempli d’herbes folles,
    Les rosiers ont cédé leur place aux églantiers
    Et c’est le hasard seul qui trace les sentiers
    Où les fleurs, aux bourdons, entrouvrent leurs corolles.

    Ne cherchez surtout pas d’espèces exotiques,
    Y pousse uniquement ce qu’apporte le ciel,
    Rien qui soit superflu, seulement l’essentiel :
    Bleuets, coquelicots, parfois même colchiques.

    Si quelques arbrisseaux ont trouvé là leur place,
    C’est pour que les oiseaux y construisent leurs nids
    Et qu’on puisse écouter chanter tous les midis,
    La grive et la fauvette, et le merle, et l’agace.

    Travailleurs acharnés, les insectes foisonnent ;
    Les fourmis par milliers s’enfoncent dans le sol,
    Les abeilles, sans cesse, accomplissant leur vol
    De la ruche à la fleur, butinent et bourdonnent.

    La chenille affamée avale avec délice
    Les feuilles d’une ortie, à son goût semble-t-il ;
    Tandis qu’une limace, au palais plus subtil,
    Cherchant un potager, dans l’ombre épaisse glisse.

    Un écureuil, prudent, grignote une noisette,
    Mais il reste aux aguets, se dresse au moindre bruit ;
    S’il perçoit un danger, aussitôt, il s’enfuit,
    Emportant son repas pour éviter disette.

    A l’abri d’un arbuste, une petite mare
    Accueille les moineaux venus pour s’abreuver ;
    Des crapauds attendant la lune à son lever
    Lui donnent en aubade un curieux tintamarre.

    Quand la nuit est tombée, une chouette hulotte
    Annonce qu’elle est là par ses ululements
    Et dans le creux d’un arbre, entre deux ronflements,
    Un loir parle en son rêve : on l’entend qui chuchote.

    Non, mon jardin n’est pas un parc à la française,
    Car les buis n’y sont point taillés avec fierté,
    C’est plutôt un fouillis qui sent la liberté,
    Un jardin de poète où je respire à l’aise.

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 5 ) (Ajouter un commentaire)
José le vendredi 19 juillet 2013, à 12:10
Un texte superbe.
Amitiés.

salus le vendredi 19 juillet 2013, à 22:56
----Champêtre ! estival !
Et très bien écrit !
Amitié,
Salus

nemo le samedi 20 juillet 2013, à 17:00
@ José et Salus,
Bien heureux s'il vous a plu.
A bientôt j'espère.

domidom le lundi 22 juillet 2013, à 17:30
Un jardin où il fait bon se promener...
La perfection du classique...
Au plaisir de te lire....
Domie...

rejane le dimanche 28 juillet 2013, à 21:38
Il semble bien fouillis en effet ton jardin, mais s'il te plaît tel qu'il est, alors il est parfait. A ta place, j'éviterais les orties, ça pique !! ;) Jolie poésie en tout cas, et un amour de la nature bien présent.

----
http://www.mespoemes.net/rejane

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet