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PANTHÉISME
Les soirs silencieux, pleins de rumeurs obscures,
Qui rôdent au-dessus des berges et des routes,
Enveloppent de paix le rêveur aux écoutes
Pour saisir les secrets chantant dans les ramures.
La chair, dont l’ombre douce a calmé les brûlures,
Et l’âme rafraîchie, où s’endorment les doutes,
Aux palpitations des nuits tressaillent toutes :
Murmures et frissons parmi d’autres murmures…
Car c’est l’heure ineffable où l’homme se libère,
En oubliant qu’il est, qu’il souffre et qu’il espère ;
La poitrine élargie, et, sous sa peau tendue,
Sentant la vie énorme et sainte qui ruisselle,
Il chante avec la Terre, ivre, et l’àme perdue
Au fleuve harmonieux de l’Ame universelle.
EDMOND BLANGUERNON ( 1876 - 1928 )
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