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Chair de Nomade
Le Hoggar prisonnier des nègres qu’il méprise
Est au poteau, ongles saignants, ongles sciés ;
Un papillon de feu bat de l’aile à ses pieds !
La chair grille, chair de torture, odeur qui grise.
Du fiel roule dans les grosses prunelles grises
Des lents bourreaux ; le bleu d’une lame a brillé,
Elle a mordu ; ça fume, et la chair a crié ;
La chair du Hoggar blanc est une part de prise,
La meilleure, une part de haine et de douleur ;
Cette chair bavarde comme une vieille femme,
Sa salive est du sang qui coule comme un pleur
Sur la viande qui craque aux danses de la flamme.
Les yeux du Hoggar blanc meurent dans la lumière.
Son âme est de silence, et son cœur sans prières.
Robert Arnaud ( 1976 )
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