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J'ai cru en cette étoile aux teintes insolentes,
J'ai cru la création d'un univers sensé ,
J'ai même cru en Dieu en mon âme souffrante,
J'ai cru en tout, en rien, même en l'éternité.
Puis tout s'est effrité au gré des jours qui passent
Je les ai vu partir ces chevaliers errants
Perdus dans les replis du temps, qui tout efface,
Mirages incertains dispersés par le vent.
J'ai connu la fureur, compagne du vacarme,
Des bûchers que Satan même n'aurait osés.
Et mon cœur a frémi dans le fracas des armes
Tandis que se mourait mon rêve d'amitié.
Et l'espace qui tremble au tocsin qui résonne
Transmet de bourg en bourg les larmes des mourants.
Et j'entends les tambours et le clairon qui sonne.
J'entends gémir le sol dans le soleil couchant.
Le monstre enfin repu, la lèvre encor sanglante,
Se résigne au repos des âmes et des corps.
On entend à nouveau la mésange qui chante
Mais quelque part déjà s'envole le condor.
Et le bras de la nuit s'étend sur ma dépouille
Mais l'ombre du rapace inéluctablement,
Se fige au ciel et telle une noire gargouille
S'apprête à déchirer le moindre battement.
SC
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