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dans la maison aux murs épais
où mon enfance est engrangée
je revois les fruits sur leurs claies
qui embaument le cellier
grand-mère paraît parfois sur le palier
pour laver à grande eau
les marches de l'escalier
elle a mis ses sabots
et porte un long tablier
qu'elle ne quitte plus jamais
quand elle lève la tête
toute la treille lui fait fête
mais je retrouve dans le ciel aujourd'hui
comme dans ces yeux naguère
cette amertume qui me poursuit
et qui la faisait songer aux grandes guerres
aux champs d'honneur
ravagés par l'horreur
aux larmes de la vigne pressée
mêlées à celles du sang versé
car rien n'a vraiment changé
sur cette terre
où l'âme par le vide rongée
les hommes cherchent toujours la lumière
Françoise Urban-Menninger
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