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Plus j'ai de bien, plus ma douleur augmente

le dimanche 25 août 2013, à 21:01. Posté par COLLECTIF (auteur : FRANÇOIS 1er)









Plus j'ai de bien, plus ma douleur augmente


Plus j'ai de bien, plus ma douleur augmente ;
Plus j'ai d'honneur et moins je me contente ;
Car un reçu m'en fait cent désirer.
Quand riens je n'ai, de riens ne me lamente,
Mais ayant tout, la crainte me tourmente,
Ou de le perdre ou bien de l'empirer.
Las ! je dois bien mon malheur soupirer,
Vu que d'avoir un bien je meurs d'envie,
Qui est ma mort, et je l'estime vie.



FRANÇOIS 1er (1494-1547)




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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
salus le dimanche 25 août 2013, à 21:16
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Angoisses de nanti...
...Mais j'ignorais que ce monsieur
sût écrire !

Collectif le dimanche 25 août 2013, à 22:07
Mais oui, même les rois parfois se turlupinent ...
Il a aussi écrit :

Étant seulet auprès d'une fenêtre

Étant seulet auprès d'une fenêtre,
Par un matin comme le jour poignait,
Je regardais Aurore à main senestre
Qui à Phébus le chemin enseignait.
Et, d'autre part, ma mie qui peignait
Son chef doré ; et vis ses luisants yeux,
Dont me jeta un trait si gracieux
Qu'à haute voix je fus contraint de dire :
" Dieux immortels, rentrez dedans vos cieux,
Car la beauté de Ceste vous empire. "

Comme Phébé quand ce bas lieu terrestre
Par sa clarté la nuit illuminait,
Toute lueur demeurait en séquestre,
Car sa splendeur toutes autres minait ;
Ainsi ma dame en son regard tenait
Tout obscurci le soleil radieux,
Dont, de dépit, lui triste et odieux
Sur les humains lors ne daigna plus luire,
Pourquoi lui dis : " Vous faites pour le mieux,
Car la beauté de Ceste vous empire. "

Ô que de joie en mon coeur sentis naître,
Quand j'aperçus que Phébus retournait,
Déjà craignant qu'amoureux voulût être,
De la douceur qui mon coeur détenait.
Avais-je tort ? Non, car s'il y venait
Quelque mortel, j'en serais soucieux ;
Devais-je pas doncques craindre les Dieux,
Et d'espérer, pour fuir un tel martyre,
En leur criant : " Retournez en vos cieux,
Car la beauté de Ceste vous empire ? "

Coeur qui bien aime a désir curieux
D'étranger ceux qu'il pense être envieux
De son amour, et qu'il doute lui nuire,
Pourquoi j'ai dit aux Dieux très glorieux :
" Que la beauté de Ceste vous empire ! "

odradek le mardi 27 août 2013, à 16:45
En tout cas lucide ce roi, et bien belle déclaration, eux qui n'avaient de cesse de vagabonder, cela fit partie du bien, "immatériel?" Amitiés.
http://www.mespoemes.net/odradek

rivaudais le mardi 01 octobre 2013, à 17:40
Beaucoup de souverains ont taquiné la muse. François 1er y figure en bon rang

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