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Poète serait-il ? Quand il n’aime que l’ivresse, cette magie qui rend les choses belles… Non ces choses qui le sont indépendantes de lui, mais celles contrefaites par ses œuvres ! Car s’il n’a inventé qu’une chose, ce sont bien l’erreur, l’informe, la faute en laquelle il se complait. Aussi, dans un fol espoir compensatoire, s’octroya-t-il le pardon sans pour autant abolir la désespérance. Et pour noyer celle-ci, la vigne lui tendit son grain de folie. Alors, depuis, il boit l’élixir de son désir. Qui boit chante ! Ah, la belle voix de celui qui a bu ! Il trinque à tous ses rêves qu’il s’applique à laisser aux cieux, et regarde les nuages passer comme ses rêves, ces rêves de ce qu’il aurait pu être et auxquels, forcené, il se refuse. Il contemple les bulles comme autant de réminiscences de ce dont il détourne ses yeux. Le champagne l’égaye comme jeu de casino. Il y voit ce destin qu’il se rêve en souhaitant qu’il lui tombe dessus par la grâce d’une faveur innommée. Il y voit son désir d’être digne d’une étoile qui toujours reste au firmament présente même après n’être plus puis, ragaillardi, s’enfonce dans sa souille. Il aligne des vasques de cristal en lesquelles tester toutes ces liqueurs qui, à défaut de légèreté, lui procurent cette attente confondue à l’illusion. Approche assimilée à l’être. À l’artifice, à l’artéfact, au virtuel il s’évertue. Des parures du faux il couvre son théâtre, puis se met en scène. Le pitre mime qui il est. Être autre pour être enfin. Et pour dire qui il serait s’il n’était simple mime, il saôule ses phrases en les émaillant de vers à pieds !
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