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Ô m’enlivrer encor… !
Ce temple sacré où jadis l’Art régnait,
Où chaque livre en son sein portait la sagesse,
Est devenu le royaume de l’araignée
Où le grimoire du Temps souffre de vieillesse.
Ce sanctuaire de l’aube de ma jeunesse
Où j’épanchais l’esprit quand l’âme se vidait,
Déserté, me remplit de peine et de tristesse,
Touché, malgré moi, par l’automne des idées.
Le temps n’est plus au livre, me dit-on, un jour !
La jeunesse préfère le son et l’image
Qui, faisant fi du vieux papier pour toujours,
Réunis, produisent un monde de mirage.
J’ai ma vérité ; ma raison est déjà faite :
Le son et l’image, sans aucun parti pris,
Ne sauront imiter de manière parfaite
Le rêve que seul le livre offre à l’esprit !
Je me bats, je sais, contre des moulins à son,
En duel inégal que l’image remporte.
Gardiens de l’écrit, sauvons à l’unisson
Le message et le scribe blessés à nos portes !
Désir d’un lecteur à l’image condamné :
Sur un immense tas d’illustres manuscrits,
Je me jette corps et âme comme un damné
Pour m’enlivrer jusqu’à l’ivresse de l’écrit.
(Dans un monde où les bibliothèques
sont des tombeaux pour livres,
le 14 octobre 2013.)
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