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« La peinture vient de l'endroit où les mots ne peuvent plus s'exprimer. »
Gao Xingjian
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J’ai barbouillé de noir la chaste feuille blanche
Parce qu’elle m’énervait avec son air de rien,
J’ai fait couler de l’encre, et voilà qu’elle flanche,
Pliée sous la contrainte elle perd ses moyens.
J’ai fait rouler des mots sur sa surface plane
Qui s’en donnent à cœur joie à glisser de partout,
Aux lettres éparpillées, pour le coup de la panne,
J’ai dit qu’elle est trop blanche la feuille pour le coup.
Renversant l’encrier, la fusion est totale
De l’encre et du papier la magie est parfaite,
De leur amour est né des idées en cavales
Qui vont s’émanciper et que plus rien n’arrête.
La feuille n’est plus blanche, elle s’est mariée
Avec tout ça soudain, pour une autre apparence,
Au lunch il y avait l’alphabet à croquer
Et du jus de stylo pour vous mettre en transe.
Les « h » n’aspiraient qu’à se faire happer
Et les « r » roulaient dans les coins arrondis,
Les « m » enjambaient les « n » rattrapés
Tandis que s’exclamaient les « o » à ce qu’on dit.
Et tout ça s’arrangeait en parfaite mesure
D’un chaos apparent, une entropie maline
Veillait à promouvoir une harmonie future
Sur la blancheur noircie de guirlandes câlines.
J’ai barbouillé de mots du bout de mon stylo
Un carré de papier vierge et bien silencieux,
Il prendra le départ, s’envolera tantôt
Vers toi. Et te dira ce qu’il y a de mieux.
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