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Il en ai des veinards du bonheur plein les mains,
Moi je n'ai qu'une plume et encore elle est terne
Pas de quoi ma parole en faire une lanterne
Ce qui peuplent mes jours c'est les spleens incertains
Tout comme un encrier le cœur est un écrin
Mais il n'est qu'un ruisseau pour ce qui me concerne
Drapé d'or, de soleil quand il n'est pas en berne
Il suffit d'une fleur où d'un couchant carmin
Dénouant mon esprit d'une splendeur dorée
D'un triste écœurement, ciselant ma pensée
Pour que ma solitude en musique de mots
Tapisse mon cahier de jolis loriots
Comme un nu minéral je suis une encre noire
Un long cri dans la nuit, une sépulture ivoire
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