|

Un mot s’est jeté
Dans le vide imparfait
De ma mémoire,
Il git au fond d’un désespoir
Inanimé, à demi recouvert de poussière,
Il git au côté d’autres mots,
Enchevêtré entre les maux.
Sur son flanc gauche
Le saignement du temps
A l’ivresse des nuits, aux éternels devoirs
Le vois-tu cet acrobate
Qui, sur les vents fous
De nos incertitudes,
Avance vers nos morts.
Le vois-tu comme une dernière porte,
Entends-tu au revers de lui-même
Son chant douloureux s’éteindre.
Vois -tu d’invisibles tombeaux
Qui seraient nos vastes demeures,
Tant l’absence serait en nous.
Le vois-tu qui va dans l’autre, de moi-même,
Le vois-tu, ce mot,
Et si tu le voyais
Crierais tu assez fort
Pour que je t’entende,
Là-bas, perdu en un sommeil retrouvé.
Il est en moi, sous l’aube safran,
Ses mains noires serrent ma gorge,
Mais qui le sait, qui le sait ?
Et ses mains noires serrent ma gorge comme un sanglot
Venu de l’oubli.
http://www.atramenta.net/lire/elle-a-ce-presque-rien-dennui/42664
**
|