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Savez-vous bien, la belle hôtesse,
Que je pense à vous chaque nuit ?
Que j'ai des trésors de tendresse
Et qu'en mon coeur l'amour fleurit ?
En moi, j'aurais assez d'adresse
Pour être celui qu'il vous faut.
Mais je ne puis, la peur m'oppresse.
Trop hésiter, c'est mon défaut.
Je voudrais avec allégresse,
Vous porter en mon Sinaï
Pour qu'enfin ma loi vous professe
Que je sois plus amant qu'ami.
Trois fois hélas ! je le confesse,
Je me conduis comme un bedeau,
Vous vénérant comme une abbesse :
Trop hésiter, c'est mon défaut.
Celui qui pense à vous sans cesse
Et que vous tenez à merci,
Vous l'avez, Dame Chasseresse,
Pourchassé jusqu'à l'hallali.
C'est ma fin si quelque drôlesse
N'invente un ultime sursaut.
C'est malgré moi que je vous blesse :
Trop hésiter, c'est mon défaut.
Envoi
A moins que mon aveu, Princesse,
Ne vous émeuve ainsi tout chaud.
Pardonnez à ma hardiesse :
Trop vous aimer, c'est mon défaut .
D'un recueil jamais paru : "Mes amours"
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