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Le festin de Clémence* (maillet)
Quand au salon l'horloge égrène douze coups,
Rompant, pour un instant, le velours du silence,
Mon chien bâille, s'étire et quitte mes genoux
Pour aller se frotter aux jambes de Clémence.
Car ce vieux voyou sait que le repas commence
Quand au salon l'horloge égrène douze coups ;
Alors, l'air malheureux, pour gagner sa pitance,
Il ira mendier près de chacun de nous.
Le fumet des perdrix et d'autres fins ragoûts
Vient chatouiller nos sens de sa divine essence
Quand au salon l'horloge égrène douze coups,
Et pour passer à table, aucune résistance.
Lorsque vient le dessert, ultime récompense,
Qu'il soit fait de douceurs ou de fruits aigres-doux,
Chacun se dit en soi qu'il a bien de la chance
Quand au salon l'horloge égrène douze coups.
* Clin d'oeil au très beau film danois de Gabriel Axel : Babettes gæstebud (le Festin de Babette).
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