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Il y a si longtemps que mes yeux n’ont pu toucher ta véritable présence,
Et que mon âme, n’à pu inspirer de cet oxygène de toi,
Que je souffre comme le naufragé, d’un tyrannique et immense océan,
J’ai besoin de ton repère terrestre, pour m’attacher à ce monde,
Et me comprendre parmi ces « autres », qui errent autour de moi,
Telles des ombres diaphanes, tels des spectres sans goût.
Il est possible que mon esprit soit sorti de son axe,
Parce que dedans la voix de la neige, j’entends murmurer ton prénom,
C’est une image d’Oasis, au milieu de ce blanc univers,
Que cette pensée de toi, cependant, je crains d’user ton souvenir,
En le sortant trop de son écrin, que sa fleur ne se fane.
Quel pont ai-je pu franchir, quel chemin ai-je pu prendre?
Au hasard de toute conscience, à l’aveugle de toute intelligence,
J’ignore comment, depuis l’état de ta présence, délicieuse, enivrante,
J’ai pu finir dedans l’antre de ton absence, profonde, si froide.
De mon réel, tu a disparue et dedans mon esprit, quelques vapeurs,
Planent pareilles aux résidus d’un songe, l’équation du doute, alors,
Semble établir à propos de ta matière, exquise, que par moi elle fut inventé…
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