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Sur ton visage, un sourire a fleuri,
Lorsque je suis venu cueillir la rose
Dans le jardin que garde ton mari,
Dont la barrière est jalousement close.
Avant ce temps, j’avais l’âme morose,
Moi, le poète, abandonné, meurtri ;
Quand je t’ai lu timidement ma prose,
Sur ton visage, un sourire a fleuri.
Alors j’ai fait l’audacieux pari
Qu’un jour ma tête à ton sein se repose :
Tu m’as ouvert ta porte, sans un cri,
Lorsque je suis venu cueillir la rose.
Et même si quelque jaloux me glose,
S’il me maudit, me lie au pilori,
Auprès de toi, j’irai plaider ma cause,
Dans le jardin que garde ton mari.
Mais lui l’ignore, il n’est donc point marri ;
Gardons-nous bien qu’il apprenne la chose,
Car tant me plaît le creux de cet abri
Dont la barrière est jalousement close.
Dans ce Pays que l’Eau d’Estime arrose,
Quand ma main suit l’arc de ton corps chéri,
Sous la douceur des caresses que j’ose,
L’Amour dessine un sourire attendri
Sur ton visage.
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