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Il m'arrive souvent le soir sous le tilleul
A l'heure où la campagne étreint son blanc linceul
D'allonger mon regard jusqu'à la noiseraie
Pour surprendre l'envol d'une chouette effraie
Une sorte d'espoir au rêve pénétrant
Élève mon esprit plus haut que le couchant
L'horizon de velours envahit tout mon être
Et je sens le passé avec douceur renaître
Tout est beau, tout est pur, la richesse est en moi
De charme magnifier qui renforce ma foi
Admirant le vallon, le rouge de garance
Je revois le bonheur, lieu de mon enfance
Du plaisir insensé des premiers matins blancs
Aux grands bouquets de fleurs au retour du printemps
Par les sentiers flâneurs prolongeant les journées
Assise en des sous-bois aux nappes satinées
De l'école à l'église en passant par les bois
Les parfums, les couleurs, les pommes et les noix
Il me revient soudain l'image de ma mère
Je sens poindre un sanglot en mon cœur solitaire
Cet amour maternel au tissu brodé d'or
Accompagne ma vie et reste en moi si fort
Qu'il restera toujours l'écrin de ma jeunesse
Ce flamboyant trésor enrichit de tendresse
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