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Pardonner, laisser couler au coeur et aux larmes
Amertume du goût salé pareil à celui versé
Rendre enfin la paix à l'âme blessée en chair
Dire, dire et redire sans fin le mal, exorciser
Ô Dieu, qu'ai-je donc fait ?
Nul ne saurait dire l'étendue noire et sang
Nul ne pourrait voir l'entaille béante
Encore et toujours, année aprés année
Rendre les armes, s'accorder enfin, le pardon
Au-delà des apparences, en toute complaisance
A qui mieux-mieux donner le change, sourires et rires
Uniformément, inlassablement la joie de vivre affichée
Tard dans la nuit quand les yeux alentours sont fermés
Rien ni personne ne voile encore l'hémorragie
Ultime sauvetage à ce visage masqué de légèreté
Il faudra bien, en toute intimité, se pardonner
Ravaler le noeud qui étreint la gorge
Orner l'envers du décor d'un
Bleu de ciel et coton de nuages
Inonder d'amour le coeur et sa béante pansée
Naguère au sang baignée, songe d'une pardonnée
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