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SA VALISE À LA MAIN
Oh non, je n'en veux pas de tous vos souvenirs,
Les miens restent vivants et devraient me suffire,
Ne le salissez pas avec vos calomnies,
Oui, bien sûr, je comprends qu’il a gâché vos vies,
Mais un peu de pudeur serait-elle de trop
Pour ainsi le blâmer jusque dans le caveau.
On se connaît si mal, on se connaît si peu,
Et c’est parfois l’enfer, je sais, la vie à deux,
Mais si l’on n’a pas eu l’audace de partir,
Comment peut-on trouver la force de maudire,
À l’instant où plus rien ne pourra rattraper
Ces moments que la vie n’a pas su vous donner.
À l’heure où le chagrin vient se manifester,
Il est si tard pour vivre avec cette pensée
Que les regrets sont lourds, bien trop lourds à porter
Quand on ne comprend plus le sens du verbe aimer.
Sa valise à la main, il n’a pas pris le train,
Mais sa route aujourd’hui se décline sans fin.
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