|

"Ensuite de quoi, a s'rait allée chez l'marchand d'bagnoles. Une bathouze qu'elle aurait dit, avec un capot long comme ça, et des coussins bien rembourrés. Quéque chose qui fasse impressionnant."
Raymond Queneau
*
Le granit était dur, pour poser les rondeurs,
De mes fesses transies par les journées de chasse,
Je ramenais le loup, K.O.té par ma masse,
Et le singe frondé pour nourrir les meilleurs.
Idée géniale! Un jour j'ai inventé le feu,
Pour éclairer ma grotte et coïter bien au chaud,
Mais manquait quelque chose, pour être bien heureux,
Mes femmes se plaignaient d'avoir mal à la peau.
La peau de lion, bien sûr, atténuait un peu,
La dureté du roc, la froideur des cailloux,
Mais comme chacun sait, si les femmes ont le feu,
Toujours plus elles veulent, et ça me rendait fou!
Pendant qu'elle arrachait les plumes de l'autruche,
J'observais ce déchet, et me dis: mais c'est sûr!
En bourrant ce duvet dans la peau du lion rêche,
J'obtiendrais un objet prestigieux d'amour pur!
L'effet fut immédiat, et devant ma caverne,
Toutes les femmes du clan s'alignaient pour attendre,
Pour goûter au plaisir de cet objet moderne,
Où le plus dur granit paraissait des plus tendres!
Ma vieille peau de lion sentait l'oie, le canard,
Mais j'en fis des dizaines, et je dormis peinard,
Mes coussins réputés faisaient s'endormir tard,
Dans les fonds des cavernes des couples. Les veinards!
*
M07110225
http://www.dailymotion.com/video/xymxn_la-guerre-du-feu_shortfilms
|