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Je sais le vain spectacle et la basse besogne
J'ai trop longtemps suivi les tourbillons humains
A présent tout va mieux au coeur de la Bourgogne
Je me saoûle de vent, de ruisseaux, de chemins
Ni la ville, ni l'or, ni aucun avantage
Ne peuvent me guérir, de l'air frais des sous-bois
Le soleil ici-bas sur les fleurs est hommage
Ainsi coulent mes jours en écoutant les voix
Je contemple à loisir, les geais et les mésanges
Tout les petits secrets des verdoyants vallons
Sur les tapis moussus je suis vraiment aux anges
J'accoutume mes yeux à voir les papillons
La perle de rosée où l'or de la poussière
Rien n'échappe à mes sens, ni l'émail de l'été
Ni le linceul du soir, pas même sa lumière
C'est un l'art pour l'esprit en plus d'être beauté
Je rends grâce à l'orée en priant sous l'ombrage
Parmi les rouges lys dardant le clair obscur
Mon discours s'attendrit, ma verve devient sage
C'est l'accent du patois qui rend mon verbe pur
J'apprends le bel ouvrage en mirant la nature
Et respecte la flore à sa juste valeur
J'aime quand la forêt étale sa verdure
C'est ma fortune à moi, loin du monde oppresseur
Les hommes les plus beaux habitent la campagne
Pour eux la vie est rude autant que leurs labeurs
S'il est des jours amers où le ciel fait outrage
Ils savent s'arrêter pour admirer des fleurs
Parfois quand la saison ne demande travaille
Une canne à la main, le long du Nivernais
Ils pêchent quelques temps la docile blanchaille
Et rentrent simplement en nargant le progrès
Les besoins de mon coeur passent par le verger
Les villages anciens, le devers des collines
Par les moissons dont l'or demeure inégalé
Le bonheur pastoral quand sonnent les mâtines
Réveillent les oiseaux et m'inspire des vers
C'est ainsi que j'écris le royaume champêtre
Il faut tant de couleurs pour peindre l'univers
Que ma plume dés l'aube au jardin s'en va paître
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