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A LA VIE
Etendu sur ta tombe, je serai ton gisant
Le cœur battant parfois et l’âme en automne.
Ruisselant de pourquoi, gisant de chair, de sang,
Ecorché, mis à nu, tel un Christ d’icône.
A LA MORT
Chut ! Ne pas faire de bruit, laissez-le donc rêver.
Sur le sable étendu, il semble apaisé.
La joue contre le grain, les deux mains en dedans ;
Allongé sur le ventre, si seul, si bien, si grand.
S’écoulant des oreilles, deux filets de sang noir
Viennent juste se rejoindre au milieu du menton ;
Etrange jugulaire d’un casque illusoire.
Dors !Dors petit soldat…Au fait, quel est ton nom ?
A L’AMOUR
Assiégé par la peine, j’offre comme seul rempart
Un pauvre cœur meurtrit par les amours traîtresses
Dont les vils camouflets et les cruels dards
Transpercent chaque jour mon infinie détresse
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