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Ainsi qu’on cueille une fleur avec délicatesse
Ou comme on baise la main d’une femme avec ivresse
Mes doigts tendus saisissent la tasse par l’anse
Et la portent à mes lèvres pour en boire le nectar
Pour que fonde et diffuse tout partout dans la tasse
La pierre de sucre blanc ou roux cristallisé
Je verse le précieux liquide brûlant grisé
Et remue lentement la cuillère dans la tasse
Toute honte bue j’observe avec délectation
La ligne sinueuse de la petite cuillère
Ses courbes féminines son petit ventre rond
Qui garde au creux un peu du précieux liquide
Posé sur le blanc lumineux de la faïence
Le noir intense ressort profond comme la nuit
Des arômes pénétrant parfument l’atmosphère
C’est un moment de calme et de recueillement
Qui me réconcilie avec le temps qui passe
Profond mystérieux un peu comme une prière
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