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A l'heure où l'on s'apprête à la commémoration de la Grande Guerre, je me suis rappelé ce Poilu taiseux (mon grand-père) convoyeur de ravitaillement sur la Voie Sacrée.
Au quotidien, il parcourait la plaine, les bois.
Par tous les temps, son bol de plein air était programmé.
Les échos de la plaine ouvraient son âme à la foi.
Les murmures de la forêt profonde le fascinaient.
A l'écoute mélodieuse de la gent ornithologique.
Le bruissement du vent dans les buissons lui raconte une histoire tragique.
Sa langue râpeuse lui caresse la joue pudique.
Les fleurs, les herbes des champs retiennent son attention pratique.
Les végétaux , les graines suscitent son intérêt en herboriste occasionnel.
Il chemine jusqu'au bois happé par l'émotion.
Les grands chênes, hêtres, bouleaux, érables, résineux
sont des essences à l'haleine naturelle.
Un brin d'herbe entre les dents il mâchonne sans conviction.
Un museau apeuré sort d'un terrier surpris.
Mycologue avisé il hume des senteurs d'automne.
Parfois pose les pieds sur un filet d'eau source enfouie.
Un vieux solitaire délaissant sa bauge croise son chemin non monotone.
Dans une clairière un parfum framboisé lui chatouille les narines.
Son regard accroche une fourmilière de travailleuses acharnées sans fin.
La flore sauvage réveille en lui son instinct d'officine.
Il entend battre le coeur de la forêt ouvrière avec entrain.
Comme un marin respire l'air du large, à pleins poumons, il se gave de grands espaces.
(droits d'auteur réservés)
26.04.2014
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