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Elle traîne les pieds à sa canne accrochée.
Son âge, quatre vingt dix ans bien sonnés.
Le visage marqué pareil à une pomme fripée.
Les yeux rapetissés ont perdu leur lumineuse vivacité.
La démarche alourdie, mal assurée,
le dos voûté, presque cassé, les chevilles gonflées.
Au quotidien, la promenade solitaire programmée.
Au hasard d’une rencontre croisée,
le souvenir de son vieux disparu évoqué.
Elle chemine d’un air accablé, résignée.
Dans une poignée de minutes, angoissée,
son logis, elle regagnera esseulée.
Elle a beaucoup travaillé, toujours pressée.
L’organisation du foyer, les enfants à élever.
Les travaux des champs à assumer sans s’éparpiller.
Le soir épuisée, sans renoncer,
sur un tricot elle se penchait, obligée.
En ses temps, il lui arrivait encore de fredonner.
Parfois sur un rythme de Polka, ses pieds s’agitaient.
Des liens invisibles, la soutenait avec étrangeté.
Son aspect physique, jamais négligé , recherché.
Malgré le labeur effréné toujours soignée et, courtisée.
(droits d'auteur réservés) 11.05..2014
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