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Je reviendrai souvent, seule et triste à la fois
Vers ce si cher jardin, pour embellir ta tombe
D'un enivrant parfum fleurissant mes dix doigts
De beaux lilas, pareils au linceul de colombe
Je veux pour ton repos l'archet d'or des grillons
Les vers délicieux, les paroles divines
Et puis pour te bercer la lyre des pinsons
Les notes des ruisseaux et les pures clarines
Ton souvenir jaloux a gardé mon bonheur
Enfermant mon passé dans le bleu des colchiques,
Ton charme d'orient a brodé sur mon cœur
Et mon esprit d'enfant des trésors oniriques
Quand ton divin sourire inondait mes matins
De sève et de nectar, de brises parfumées
j'escaladais l'aurore en cueillant tes jasmins
J'avais besoin de toi, de tes lèvres inspirées
Ma mère aux yeux si doux, étoiles dans les cieux
Sans ta peau de velours, je suis si peu de choses
Si ma voix te parvient au paradis des dieux
J'ai deux mots à te dire enrubannés de roses
A répéter sans fin, me donnant des frissons
Malgré les pleurs versés, pour te dire je t'aime
Mon âme est aujourd'hui, sans été, sans moissons
Il ne reste qu'en moi, que l'écrin d'un poème
Lorsque mon cœur trop lourd n'est plus qu'un cri d'amour
Jetant partout son or, je retrouve ma plume
Et toute ta clarté sur mon front se fait jour
Ma poésie alors en l'encrier s'allume
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