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Ce jour-là, le soleil se levait sur Versailles,
Un jeune courtisan, noble de second rang,
Très peu de temps après qu’il eut fait épousailles,
Présenta sa marquise au roi Louis le Grand,
Ce jour-là, le Soleil se levait à Versailles.
Comme il était puissant, s’accordait privilège,
Il vit qu’Athénaïs avait un fort beau cul*
Et décida céans de remporter ce siège,
Gratifiant Henri du titre de cocu.
Louis était puissant, c’était un privilège !
Le roi fut satisfait, il n’eut pas à se plaindre,
Avec elle, il connut des matins triomphants,
Louise de la Baume avait fort à la craindre ;
En voulez-vous la preuve ? Il lui fit huit enfants !
Henri, moins satisfait, ne cessait de se plaindre.
Il mit à son carrosse une paire de cornes,
Voulant venger ainsi le sort d’autres maris,
Jugeant que le monarque avait passé les bornes,
Il mena l’attelage à travers tout Paris
Avec, sur son carrosse, une paire de cornes.
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* Certains regretteront que la rime visuelle ne soit pas respectée.
J’aurais pu écrire «de forts beaux yeux» mais c’est alors la vérité historique qui n’aurait pas été respectée...
Pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire :
En 1663, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la très belle Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart. Ils ont tous deux vingt-trois ans. Quatre ans plus tard, devenue dame de compagnie de la reine Marie-Thérèse, ses charmes éblouirent Louis, quatorzième du nom. Elle finit par supplanter Françoise Louise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière et de Vaujours, dans le cœur (et le lit) de Louis. Le marquis de Montespan devint la risée des courtisans. Il fit repeindre son carrosse en noir et orna le toit de ramures de cerf. À force d‘impertinences répétées, Louis-Henri de Montespan sera exilé sur ses terres jusqu à sa mort.
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