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Quand le Soleil se lève

le vendredi 06 juin 2014, à 17:20. Posté par Pierre


    Ce jour-là, le soleil se levait sur Versailles,
    Un jeune courtisan, noble de second rang,
    Très peu de temps après qu’il eut fait épousailles,
    Présenta sa marquise au roi Louis le Grand,
    Ce jour-là, le Soleil se levait à Versailles.

    Comme il était puissant, s’accordait privilège,
    Il vit qu’Athénaïs avait un fort beau cul*
    Et décida céans de remporter ce siège,
    Gratifiant Henri du titre de cocu.
    Louis était puissant, c’était un privilège !

    Le roi fut satisfait, il n’eut pas à se plaindre,
    Avec elle, il connut des matins triomphants,
    Louise de la Baume avait fort à la craindre ;
    En voulez-vous la preuve ? Il lui fit huit enfants !
    Henri, moins satisfait, ne cessait de se plaindre.

    Il mit à son carrosse une paire de cornes,
    Voulant venger ainsi le sort d’autres maris,
    Jugeant que le monarque avait passé les bornes,
    Il mena l’attelage à travers tout Paris
    Avec, sur son carrosse, une paire de cornes.


    _______________
    * Certains regretteront que la rime visuelle ne soit pas respectée.
    J’aurais pu écrire «de forts beaux yeux» mais c’est alors la vérité historique qui n’aurait pas été respectée...

    Pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire :
    En 1663, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la très belle Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart. Ils ont tous deux vingt-trois ans. Quatre ans plus tard, devenue dame de compagnie de la reine Marie-Thérèse, ses charmes éblouirent Louis, quatorzième du nom. Elle finit par supplanter Françoise Louise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière et de Vaujours, dans le cœur (et le lit) de Louis. Le marquis de Montespan devint la risée des courtisans. Il fit repeindre son carrosse en noir et orna le toit de ramures de cerf. À force d‘impertinences répétées, Louis-Henri de Montespan sera exilé sur ses terres jusqu à sa mort.

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
Guy le vendredi 06 juin 2014, à 19:10
Laisser sa dame pour un Louis ! Fut-il d'or, c'était un marché de dupe !
Un poème instructif et qui se lit fort plaisamment.
Merci. Guy
http://www.mespoemes.net/renato

domidom le samedi 07 juin 2014, à 21:56
----Une histoire de cocufier, écrite avec beaucoup de talent....
J'ai souris en imaginant le carrosse orné de corne de cerf, pauvre marquis de Montespan, il avait la tête solide....
Merci de nous avoir rappeler les impertinences historiques de ce pauvre cocu...
Mes amitiés, Domie....
http://www.mespoemes.net/domidom

rejane le mardi 17 juin 2014, à 20:19
Ah la cour et ses perversités, quelle époque que celle de nos rois de France et de Navarre !! (d'où tiens-tu qu'on ne puisse pas avoir un beau cul ET de beaux yeux ?) Plaisante grivoiserie poétique, doublée de rafraîchissement historique :)


----
http://www.mespoemes.net/rejane

Nhand le mardi 24 juin 2014, à 10:54
Cher Pierre, mettre ta poésie au service de l'histoire, ou plutôt d'un moment de l'histoire, c'est très agréable pour le lecteur !
Pour ce qui est de la rime visuelle non respectée, tu as raison, la vérité historique se devait d'être rendue comme telle, et puis, trouver une rime à cocu (même s'il y en existe évidemment) n'est pas une tâche si aisée.
----
http://nhand2014.canalblog.com

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