|
IL RESSEMBLE …
Il ressemble à ce jeu que l’enfant n’aime plus,
Égaré quelque part au salon, révolu,
Et qu’on retrouve un jour sans l’avoir recherché,
Vous transperce le cœur rien qu’à le regarder.
Il ressemble aux printemps que nous vivions là-bas,
Ignorant des hivers qui s’immiscent déjà,
De ceux qui donnent vie aux objets familiers,
Rallumant la mémoire au fond d’un cendrier.
Et moi, sauras-tu dire ou pas si je ressemble
À ces notes sucrées que le vent désassemble,
Ou si le souvenir est à jamais perdu
Dans une mer profonde ou au coin d’une rue ?
Qu’il ressemble à l’amour ce songe merveilleux,
Comme il est fort et doux ce rêve de nous deux,
Il ne ressemble à rien d’autre qu’un avenir,
De ceux qu’on garde au chaud avant de s’endormir.
Si entre toi et moi il y avait des mots
Écrasant le silence et l’orage de trop,
Je peindrais sur la toile nos deux mains qui tremblent
Pour dessiner sans fin un cœur qui lui ressemble.
|