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Pourtant

le mardi 19 août 2014, à 14:03. Posté par alain


    Pourtant le ciel était bien noir
    Traversé de corbeaux qui ricanaient entre eux
    Et c’était à n’y croire
    Comme si de la nuit s’endormait en plein jour

    Pourtant il faisait froid
    Comme il n’est de saison
    On n’y voyait devant soi
    Que de l’ombre étendue
    Pas un espoir d’étoile
    Pas d’allusion d’azur
    C’était comme un printemps tenté d’être l’automne

    Même si je me disais
    Qu’il doit être un demain
    Quelque part Quelque jour
    Même gris Même grège
    Même un demi-matin
    Qui donnerait du jour
    Et matière à causer
    Nul ne sait après tout
    De marée qui ne remonte jamais

    Et tu m’es apparue
    Selma
    Ce fut comme un de ces rayons
    Qui déchirent de lumière
    La graisse grise des nuages
    Ce fut un chant d’oiseau
    Dans le matin muet

    Au début il y eut tes mots
    Selma
    Des mots d’or et de délice
    Gourmandises de mots qu’on savoure en pleurant
    De ces diamants de mots que l’on croirait d’un livre

    Puis il y eut ta voix
    Selma
    Comme un violon de Bach sur l’orchestre de mon silence
    Comme le fin liseret d’argent
    Que pose le pinceau
    Sur l’encre du dessin

    Et puis toi
    Selma
    Toi toute entière au présent
    Comète faite femme
    Enfin
    Dans les cieux de ma vie

    18 août 2014

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