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Pourtant le ciel était bien noir
Traversé de corbeaux qui ricanaient entre eux
Et c’était à n’y croire
Comme si de la nuit s’endormait en plein jour
Pourtant il faisait froid
Comme il n’est de saison
On n’y voyait devant soi
Que de l’ombre étendue
Pas un espoir d’étoile
Pas d’allusion d’azur
C’était comme un printemps tenté d’être l’automne
Même si je me disais
Qu’il doit être un demain
Quelque part Quelque jour
Même gris Même grège
Même un demi-matin
Qui donnerait du jour
Et matière à causer
Nul ne sait après tout
De marée qui ne remonte jamais
Et tu m’es apparue
Selma
Ce fut comme un de ces rayons
Qui déchirent de lumière
La graisse grise des nuages
Ce fut un chant d’oiseau
Dans le matin muet
Au début il y eut tes mots
Selma
Des mots d’or et de délice
Gourmandises de mots qu’on savoure en pleurant
De ces diamants de mots que l’on croirait d’un livre
Puis il y eut ta voix
Selma
Comme un violon de Bach sur l’orchestre de mon silence
Comme le fin liseret d’argent
Que pose le pinceau
Sur l’encre du dessin
Et puis toi
Selma
Toi toute entière au présent
Comète faite femme
Enfin
Dans les cieux de ma vie
18 août 2014
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