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Le Deuil d'Amour.
…..Le Deuil d'Amour est incommensurable. Tu n'en sauras ni le
Commencement ni la Consolation. Origine béante, Naissances
Arrachées, Fissures d'Enfance et Fins obscures. Ô insuffisamment nés !
« Suis-je aimé ? »
Nous sommes enveloppés d'ardente Solitude, infinition d'Esseulement
Dans la bure rêche du Corps et l'Epouvante des Fantasmes. Silhouettes
Criardes, Bêtes inamicales, Têtes démesurées, Têtes penchées aux regards
Ambigus, aux dévisagements confus, Personnages blafards trop proches et
Soudain disparus .
« Sommes-nous aimés ? »
Neige gelée de la caresse absente et refusée, profonde jamais assez, rêvée
Toujours dans le Berceau mental. Voix étouffées de givre, échos des cris
Montés de la caverne des Corps, confusément, mal entendus, de bruits mal
Signifiés, Récits enchevêtrés, Chants de sirènes, Injonctions, Interdits,
Douceur mêlés.
« Suis-je aimé ? »
Un Deuil d'Amour inachevable. Et tu cherches aux Visages, comme chacun,
L'Or et le Miel d'une Présence et le Diamant de Compassion qui ne sera
Jamais offert, la Pureté introuvable des Anges. Nous avançons masqués, du
Fard inaltérable de l'Impur et du Retrait, du Corruptible de la Chair. Ô Paroles
Lointaines, Paroles inachevées !
« Sommes-nous aimés ? »
Corps déguisés un instant de Réel et de Réalité, Corps tranchés par la Rupture
De l'Infini et la Gloire éphémère des Limites, avec dans la paume des mains,
L'Enigme A V M, la Signature indéchiffrable qui se cache et se montre, comme
Tous et Chacun. Et quatre Vies nous écartèlent dans le Jouir et le Souffrir, au
Labyrinthe des Années. Vie réelle, Vie rêvée, Vie épiée et Vie cachée.
« Sommes-nous aimés ? »
Nous n'étions pas et nous ne serons plus, intime Absence, ultime Oubli que
Nous cherchons ,peut-être, qui lestent d'Ignorance et de Futilité nos brèves
Ombres de Vivants, les brèves lampes de l'Esprit, brèves Pénombres de nos
Vies. Tu ne trancheras pas le nœud de la Douleur première ni la Question.
« Suis-je aimé ? »
Il n'est pas terminé le Voyage d'hiver et de ronces. Douloureuses seront les
Cicatrices à la hanche et douloureux Sevrage. Nombreuses les Sirènes qui
Nagent en eau nocturne. Innombrables seront les friches, les buissons et les
Chemins fourchus et les Routes de Nuit vers nulle part. Illisible Mystère de
L'Abandon.
« Suis-je aimé ? »
Le Deuil d'Amour est incommensurable.....
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