|
Même s’il ne reste rien
Qu’un peu d’écume blanche
Au corps nu du récif
Qu’on avait abordé
Même si depuis lurette
La musique s’est tue
Dans le ventre du piano
Comme un chat qui s’endort
Même si pleurer nous tue
Et vivre nous consume
Que partager son pain
C’est partager sa mort
Même si rien n’est perdu
Mais que rien n’est gagné
Puisqu’au départ on sait
Que les dés sont pipés
Le rêve continue
Et la paupière tarde
A s’ouvrir en entier
Qui va dire au dormeur
Qu’il faut se réveiller
Que ce qui le fait rire
C’est un rai de lumière
Dont il oubliera tout
Quand demain s’en viendra
Qui va dire à la fleur
Qu’elle n’a que ce matin
Pour se croire vivante
Et s’offrir à l’abeille
Je rêve Vous voyez bien Je rêve
Je suis de ces humains
Qui s’entêtent à rêver
Dans tellement de cieux
Je sais tellement d’étoiles
Diamants d’initiés
Tant on peine à les voir
Je sais tellement de soleils
Dont vous n’avez l’idée
Et que demain Toujours Encore
Je me brûlerai l’âme
A les vouloir toucher
8 octobre 2014
|