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Oh nuit, suave et tellement mystèrieuse
Nuit claire , blonde , fauve ou mordorée
Nuit qui se scrute, posté, presque tapie
Et qui jongle avec mon sommeil et les astres
Pendant que dorment les hommes
Sauf nous, fils de ses insomnies.
Nous, qui veillons sur nos propres ruines
En margelles de nos puits, assêchés
Sur le seul promontoire de nos éveils
Face interrogative, tournée vers l'univers
Que notre inquiétude interpelle.
Nuit craintive, suspendue dans l'azur
Nuit secrète qui tait ses passions
Nuit qui satine les murs de tous les oublis
Les découpant en flaques de clarté.
La nuit fait de nous des sentinelles, postées
S'opposant aux fantômes lumineux
De notre jeunesse , aux rêves d' amour.
La nuit engrangera nos derniers silences
La nuit s'abreuvera de nos ultimes sanglots
Masquant par l'oubli nos blessures de mémoire......
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