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Ou allons-nous, dis-moi, vertige évanescent ?
Le vide en moi se creuse et m’entraîne, et m’entraîne
Les mots ont disparu de mon cœur frémissant
Floconneux comme un rêve où la paix se démène
Je vais jusqu’au tréfonds de ma gaîté perdue
J’agite des grelots, je ressemble au pantin
Grimaçant dans la nuit son ombre biscornue
Et qui ne trouve rien à chanter le matin
Ce matin de soleil qu’une caresse enivre
Ce matin où l’espoir claironne ses couleurs
Tandis que je suis là, comme un batelier ivre
Qui ne peut gouverner ni sa main ni son cœur
Je n’ai plus un seul mot dans ma cervelle vide
Pour dire mon chagrin ou mon bonheur au choix
Le trou blanc de la page est d’autant plus aride
Que je voulais écrire et que je ne peux pas !
Je fermerai les yeux écoutant le silence
Endormi dans mes bras comme un enfant heureux
Mais peut-être demain, qui sait, une cadence
Eveillera ma Muse et ses mots bienheureux ?
Lorraine
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