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J’ai retrouvé dans un tiroir,
En fouinant dans une resserre,
Le vieil oignon de mon grand-père
Bien emballé dans un mouchoir.
J’ai fait tourner le remontoir
Et son cœur s’est remis à battre ;
Alors j’ai grimpé quatre-à-quatre
L’escalier, croyant le revoir...
Il me prenait sur ses genoux
Pour me raconter des histoires,
Récits de combats, de victoires,
Et l’univers était à nous.
Parfois sortant de son gousset
Ce vieil oignon de tout à l’heure,
Il me demandait «Lis-moi l’heure» :
Sa vision déjà baissait.
Alors, moi, fier comme Artaban,
J’essayais de le satisfaire
Car j’adorais mon bon grand-père
Qui m’embrassait en se courbant.
Oh, non ! elle n’est pas en or !
A son cadran manque une aiguille,
De plus son boîtier se fendille,
Mais, pour moi, c’est plus qu’un trésor.
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