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Ô Fontaine, apprends-moi d’où vient ton eau si pure
Qui possède, dit-on, d’étonnantes vertus.
Je suis venu souvent épier ton murmure
Mais même les oiseaux, me voyant, se sont tus.
Autour de toi, j’ai vu, certain soir à la brune,
- Oh ! vous qui m’écoutez, jamais ne me croirez ! -
Elfes et farfadets, en cercle sous la lune,
Fouler de leurs pieds nus l’herbe humide des prés.
Ces lutins, j’en suis sûr, connaissent les secrets
De ton flot cristallin qui jaillit de la terre,
Ils cèlent les fermoirs d’invisibles coffrets
Et gardent pour eux seuls les clés de ce mystère.
Vous me direz "cela n’a jamais existé !",
Mais c’est du fond du puits que sort la vérité.
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