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Le tumulus

le jeudi 23 octobre 2014, à 10:41. Posté par Pierre


    Il est un lieu magique, à l’écart du village,
    Une oasis de calme et de sérénité,
    Où l’on voit s’entrouvrir les portes d’un autre âge,
    Où l’on touche du doigt l’énorme éternité.

    Là-bas, vous trouverez, sous l’ombrage des arbres,
    Le tombeau gigantesque et simple d’un géant :
    Ce mausolée est nu : pas d’airains, pas de marbres,
    Rien qu’un tertre pierreux pour couvrir son néant.

    On ne sait rien de lui, ni comment il se nomme,
    Ni quelle circonstance a provoqué sa mort.
    Osa-t-il s’opposer aux légions de Rome
    Sachant que leur puissance allait régler son sort ?

    Je l'imagine fier, portant l’arme de taille,
    Sa francisque à la main, tel un Ambiorix,
    Et bravant l’ennemi sur le champ de bataille ;
    En son temps, pour les siens, il dut être un phénix.

    Il avait pour abri la forêt charbonnière
    Et fut toujours fidèle aux bois de ses aïeux ;
    C’est là qu’il a choisi sa demeure dernière
    Quand vint pour lui l’instant de faire ses adieux.

    Chacun vint déposer un quarteron de terre
    Donnant ainsi naissance à ce haut tumulus,
    Passants, ne cherchez plus la clé de ce mystère :
    Le nom de ce grand chef était Heriboldus.



    _____________________________________________
    Un peu d'histoire locale :
    Erbaut est un petit village du Hainaut belge dont on trouve la première trace écrite en l'an de grâce 1024 et qui compte actuellement un peu plus de trois cents habitants.
    Il s'y trouve une butte de terre qui pourrait être un tumulus. Des fouilles menées au début du XXe siècle n'ont pas permis de l'établir avec certitude... ni de le démentir.
    Non loin de ce tertre, il y avait encore au début du siècle dernier une pierre druidique. Celle-ci a été concassée (avec l'autorisation des autorités locales !) pour réaliser l'empierrement des routes du village. Le seul témoignage qui nous en reste est un chemin dénommé "rue du Grand Caillou".
    Terminons par l'explication que donnent quelques étymologistes à propos du nom du village: il y aurait eu autrefois un dénommé Heriboldus venu s’établir en ce lieu et ce serait la contraction de son nom qui aurait ainsi donné Erbaut.
    "Si non è vero è ben trovato" comme auraient dit les légionnaires romains qui passaient par là voilà 2000 ans (Erbaut est en bordure de la chaussée romaine reliant Bavai à Utrecht).
    Le reste n’est que rêverie de poète...
    Merci de votre patiente lecture.
    ________________________________
    L'illustration est la photo de la statue d'Ambiorix qui se trouve à Tongres.

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
Micheline 1940 le jeudi 23 octobre 2014, à 11:58
C'est toujours un réel plaisir de vous lire, Pierre, et votre écriture me charme infiniment !
Le mot qui suit fut écrit sur la page de votre Livre d'or, mais je crois qu'il s'est envolé ... Je l'avais posé sur word pour ne pas me sentir pressée par le temps, aussi je vous le donne ici ...

Il est toujours un peu mièvre de dire encore une fois "j'aime", mais il est un fait que j'aime infiniment, goûte avec gourmandise votre écriture, et ce, ne puis ici le nier ! Voilà qui est dit, et toutes mes félicitations pour les textes que vous nous offrez à lire. Je n'ai pas la science pour mettre en route mon Livre d'or, aussi je ne sais, si vous envisagez de me laisser un message, comment il me sera possible d'y accéder...
Poétiques salutations,
Micheline.

Nemo le jeudi 23 octobre 2014, à 16:15
Bonjour Micheline, Effectivement, aucune trace de votre message sur le Livre d'or (qui est d'ailleurs "pollué" par des textes bizarres). La seule façon de communiquer sur ce site est la zone de commentaires à la fin de chaque poème. Et malheureusement, il n'y a pas non plus de courriel envoyé aux auteurs quand un message est déposé. Je vous remercie d'autant apprécier mes textes. Poétiquement vôtre, Pierre.

Réjane le samedi 25 octobre 2014, à 10:01
Une belle page d'Histoire, j'ai près de chez moi les Tumulus de Bougon, et c'est vrai que là-bas on se sent transporté dans un autre âge. Belle évocation, bravo !!

Lucille le mercredi 19 novembre 2014, à 01:52
C'est un vrai plaisir de lire de si beaux alexandrins, ton héros se retournerait surement dans sa tombe s'il savait les lire...

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