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LE VIEUX LAVOIR
Le vieux lavoir de mes huit ans a disparu,
Et malgré mes efforts, je n’ai rien reconnu.
Tout au bout de l’allée bordée de noisetiers,
Sa source coulait là, je n’ai pas oublié.
Qu’ont-ils fait de mes souvenirs, de mon enfance,
Où sont passées les lavandières et nos danses,
Au rythme du battoir on rinçait les chaussettes,
Tandis que nous comptions, et cinq, et six, et sept.
J’ai marché au travers des ronces, des épines,
Au long de ce chemin qui fleure l’aubépine,
Mais de ce fier lavoir gravé dans ma mémoire,
Ne reste qu’un point d’eau aux fonctions d’abreuvoir.
Les bovins dans le pré vont s’y désaltérer,
La source surannée jaillit encor malgré
L’absence des enfants, des jeux et des éclats
De rire des mamans rassemblées autrefois.
Et ainsi va la vie, et ainsi vont les jours,
La chanson du battoir est devenue tambour,
Mais dans mon cœur d’enfant le clapotis de l’eau
Réveille un souvenir de cheval au galop.
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