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Mourir à Hier pour Libérer Demain ( Erehwon )

le mercredi 05 novembre 2014, à 09:31. Posté par COLLECTIF (auteur : Erehwon)


Courage cœur lassé ! Chemine vers l’éveil, 
Assuré d'y trouver réconfort et vacance, 
Loin des vains aléas d'un déclin du soleil. 
Ne pense plus au temps gaspillé à l'errance, 

Repose ton ennui dans des mots attentifs 
Et chasse ces tracas pour des tourments fautifs. 

A ton état d'humain accorde un peu d'aisance. 


Laisse moi te conter comment, hors du commun, 
La vie a des aspects que vue, eh ! Dénature. 
Ce que piété apprend, parfois est importun, 
Lors qu'un mordant désir prend air de courbature. 

Les chemins, à l'envi, donnent tout à penser, 
Quand on les suit à l'œil que fin peut offenser. 

Sans vouloir ni savoir, se trouve la mesure. 


Deux moines d'un couvent, où le jardin nourrit 
Des hommes de vertu par la plèbe humiliée, 
S'en revenaient heureux, c'est bonheur qui sourit, 
Partageant le soleil à langue déliée. 

Rien ne semblait pouvoir troubler ou bien gêner 
Un tel duo serein en route pour dîner. 

L'idée d'un lendemain reposait, oubliée. 


L'esprit libre et le pas les menant sûrement, 
Ils vinrent à croiser, trait bleuté sous la nue, 
Un cours d'eau dont le gué souffrait d'affaissement. 
Le vent souffla sanglots et plainte soutenue. 

Au bord, tournant le dos, pleurait en gémissant 
Une femme éplorée en chagrin saisissant. 

A franchir l'eau sans gué elle n'était parvenue. 


Des deux hommes de Dieu, l'un était jeune et fort 
Et s'offrit dans l'instant pour aider la pauvrette. 
La hissant sans effort, il l'amena au port. 
Elle reprit son cours, remerciant pour dette. 

Le soleil pâlissant, le jour devenait soir, 
La paire de bénis se hâta vers l'espoir 

De la soupe de pois et d'une chaude assiette. 


Le temps passa un peu, l'aîné filait bon train 
Pendant que son cadet traînait un peu savate, 
Le geste contenu dans un regard d'airain. 
Le vieux, se retournant, vit un front écarlate. 

S' inquiétant à bon cœur, il s'enquit, diligent, 
De l'état de l'ami, croyant son cas urgent. 

Il l'était en effet, comme aveu qui se hâte. 


Son vœu de moinillon lui semble en noir péril 
Au souvenir pesant d'un sens qui déshonore. 
Evoquant rougissant un ressenti très vil, 
En doute pour sa foi, il se La remémore. 

Ce faix au féminin le fait vivre et mourir. 
Et l'autre, pieux moqueur, lui souffle en un soupir: 

"Elle n'est plus là, vois-tu? Et tu la portes encore!!" 


Erehwon 
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=erehwon 



Mourir à Hier pour Libérer Demain



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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
RIVAUDAIS le mercredi 05 novembre 2014, à 23:35
J'ai bien aimé. C'est bien écrit, bien conté et tout à fait subtil. La conclusion explique le pourquoi de la fable et mérite d'être retenue et citée. Pour illustrer un propos même au sens très différent. Exemple : quelqu'un qui aurait fait une erreur et à qui on rappellerait ce fait longtemps après. " Elle n'est plus là et tu la portes encore".

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