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Y’a des moments comme çà
Solitude dans la foule
Tous ces mots qui me saoulent …
Y’a des moments comme çà
Des mots à contre-moi
Comme une immense houle
Et qui roulent, et qui roulent
Bien loin en contre bas.
Des mots à contre cœur, dépolis d’émotion,
Des mots à contre sens, aux pâles vibrations,
Sans même la musique, sans même un peu d’amour.
Des mots pesants et lourds à la croisée des jours,
A tous les coins de rue, sur de pauvres chemins,
Tous ces mots de partout mais qui ne vont nulle part
Et tous ces mots sur tout, mais qui ne disent rien
Tintamarres criards ou spectres dérisoires.
Y’a des moments comme çà
Où l’on devrait se taire, se taire et laisser faire….
Laisser parler tout bas
Le silence de la mer ou bien celui du ciel ou encore de la terre.
Et se laisser porter par l’eau qui sait les mots
Dans le vague des vagues ou l’onde d’un ruisseau
A seul’ment écouter le vent dans les roseaux
Le doux chant d’un oiseau, la musique d’en haut.
Y’a des moments comme çà
Où l’on devrait apprendre, apprendre à regarder
Au delà d’apparats pour distinguer le vrai.
Apprendre à s’arrêter dans un croissant de lune
Et se laisser rêver dans le souffle des dunes.
Accrocher quelques doutes aux gouttes de lumière
Et se gonfler les sens à être moins que l’air
A être moins que tout, élargis de partout.
Jusqu’aux pores de l’âme, en sentir le remous
Comme des ronds dans l’eau sur la peau nue du cœur
A frissonner le corps dans la seule tiédeur
D’un petit coin d’amour qui ressemble au bonheur.
Y’a des moments comme çà
Trop simples en apparence
Si forts en résonance
Où les plus vrais des mots sont ceux qu’on n’entend pas.
Y’a des moments de rien
Où les mots semblent vains
Où regarder suffit
Où s’attarder remplit
Jusqu’à croire au possible
Dans ce monde impossible.
Et puis ... juste sentir ...
Sentir et ressentir,
Soulever une étoile,
A frôler la lumière, un impalpable voile
Où le profond fluide glisse sur la soie des larmes
Sans un cri, sans un bruit, là où tout se délie.
Etouffer la grisaille, souffler sur les nuages,
Inspirer, expirer, respirer le ciel large
Qui aère nos consciences et oxygène nos vies.
Et puis chercher enfin
Quelque part dans le vent
A l’infini présent
Quel est notre chemin
Où est notre essentiel
Et fouler les recoins
Les poussières de notre âme, pour avancer sans fin
Sans fard, sans artifice, au delà du réel
Pour avancer sereins
Un peu, un peu plus loin
Marie LT
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