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Les humains de passage ( Michel Miaille )

le vendredi 21 novembre 2014, à 16:39. Posté par COLLECTIF (auteur : Michel Miaille)


Ils traversent la vie au son de leurs tourments 
Un jour le coeur joyeux, un autre l'âme en peine, 
Prisonniers de l'amour ou poussés par la haine 
Au fil de leurs émois ou de leurs bons moments. 

Les plaisirs leur sont doux dans mille évènements 
Au détour du parcours où leur ennui se traîne 
En des mois insensés. L'éternelle fontaine 
Leur distille ses eaux dans tous ses sentiments. 

Mais leur temps est compté sur l'éternelle route 
Avant que ne s'en vienne enfin cette déroute 
Au triste nom de mort, fille du grand néant. 

Ils continuent alors, le corps ardent ou sage, 
De suivre ce chemin aux airs de dépliant 
Mes frères de toujours, les humains de passage. 


Miaille Michel 


* 


Je ne vous entends plus (Beethoven devient sourd) 


J'ai vu la nuit tomber 
A grands coups de silence 
Sur un désert immense 
De notes envolées. 
J'ai vu la nuit tomber 
Et mon piano se taire, 
Compagnon solitaire 
Des musiques passées. 
Ma vie a tourné ses pages 
Sous un ciel de tourmente 
Dans une agonie lente 
Aux accents de naufrage. 

Je ne vous entends plus du fond de ma détresse, 
J'écoute seulement les pas de la vieillesse 
Et je crois deviner tant de choses passées 
Qui ont guidé ma vie tout au fil des années. 
En écoutant le temps de mes oreilles mortes, 
J'entends des sons lointains qu'un vent glacial emporte 
Et quand tombe la nuit sur mes jours de misère, 
Malgré ce mal violent et mes pensées amères, 
J'entends encore alors les choses de ma vie. 

J'ai vu la nuit tomber 
Sur tant de symphonies 
Tandis qu'un mal maudit 
Peu à peu sinstallait. 
J'ai vu la nuit tomber 
Sur tant de concertos 
Sortis de ce piano 
Que mes mains caressaient 
Et j'ai pris l'habitude 
De demander aux gens 
D'écrire maintenant 
Leurs mots de gratitude. 

Et vous qui connaissez mes accès de fureur, 
Vous qui m'avez suivi au temps de ma splendeur, 
Vous comprenez si bien tout ce mal qui m'étreint 
Tandis que, peu à peu je sens venir la fin. 
Vous savez ma passion et mon amour pour vous 
Par-delà les années, le temps maître de tout 
Et quand je m'en irai la-bas vers l'inconnu 
Vers le pays lointain d'où l'on ne revient plus, 
Je jouerai simplement une dernière fois 
Pour vous l'hymne à la joie, 
L'hymne pour vous et moi. 


Miaille Michel 




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